Historique de l'aïkido
Pour mieux comprendre notre fonctionnement

Origine de l'aïkido : arts martiaux traditionnels & philosophie orientale


Le développement de l'aïkido en France

Mochizuki, envoyé en France par le Kodokan comme maître de judo en 1950 lors de stages, avait montré quelques techniques d'aïkido lorsque les judokas étaient fatigués.

En effet le fondateur du judo admirait l'œuvre de Maître Ueshiba, fondateur de l'aïkido, et avait envoyé ses meilleurs élèves y faire quelques cours (il en reste d'ailleurs une trace dans un cata de judo).

Voyant l'intérêt de ces judokas pour l'aïkido, qui sera considéré dans ces années-là comme la méthode de self-defense du judo, Maître Mochizuki demande à l'Aïkikaï un professeur d'aïkido : c'est Maître Tadashi Abe qui viendra enseigner en 1952 et répandre l'aïkido en Europe.

Pendant quelques années, il prendra donc ces judokas fatigués pour commencer à former les premiers professeurs d'aïkido.

Jusqu'en 1971, des élèves du fondateur viennent en Europe et continuent de former les premiers professeurs d'aïkido, dans le cadre d'un prolongement de leur dojo au travers d'une école européenne d'aïkido. Une école signifie un dojo, et surtout pas une fédération sportive.

Cette école s'appelait l'ACEA : Association Culturelle Européenne d'Aïkido.

Cette association, cette école, regroupait toutes les écoles de chaque pays d'Europe avec le même intitulé : « Association Culturelle… » : "ACFA" Association Culturelle Française d'aïkido, "ACBA" Association Culturelle Belge d'aïkido, etc.

Voir à ce propos le livre d'Alain Peyrache sensei.

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Le terme culturel : pourquoi ?

Il fallait dans l'idée des élèves japonais du fondateur que l'on ne puisse à aucun moment assimiler l'aïkido un sport, d'où le terme culturel qui fait plus allusion au côté artistique.

Ce fut ainsi jusqu'en 1971 où, sous l'impulsion de Guy Bonnefont qui dirigeait l'ACFA, maître Tamura se laissa convaincre que l'avenir était dans une fédération sportive sous l'égide du ministère de la jeunesse et des sports.

En 1981, Alain Peyrache organisa la sortie de ce système sportif dans son dojo de Tassin la demi-lune, maître Tamura ayant entre-temps compris par la pratique de ce système que les fédérations détruisaient en fait l'aïkido (Maître Nakazono l'avait compris dès 1968 et était parti aux États-Unis pour fuir ce système pervers). Ce fut la naissance de la "FFLAB" : fédération française libre d'aïkido et de budo".

Un peu d'histoire »

Mais l'entourage de maître Tamura qui, en majorité, renonçait aux principes qui l'avaient poussé à sortir du fonctionnement sportif finit par le convaincre de revenir sous l'égide du ministère de la jeunesse et des sports. Ce ministère lui enjoignant alors, immédiatement, d'enlever le L de FFLAB. "Car vous n'êtes plus libres".

Chose que n'accepte jamais un pratiquant d'art martial : c'est pourquoi Alain Peyrache sortit de ce système dont il connaissait la finalité.

Il créa alors l'EPA - école européenne d'aïkido - dont le siège est à Bruxelles (siège de l'Europe, par souci de cohérence). Cette école est d'ailleurs reconnue officiellement par le roi des Belges.

Vint ensuite la naissance d'ISTA - école internationale d'aïkido - lorsque l'étendue de son dojo dépassa les limites de l'Europe.

Le fonctionnement d'EPA-ISTA est donc celui qu'a connu Alain Peyrache du temps de l'ACFA et de l’ACEA : celui d'une authentique école traditionnelle d'aïkido.

On ne peut pas faire tout et son contraire.

Les médias, les médecins vous diront que le sport est bon pour la santé, alors que tout le monde sait que c'est faux.

C'est l'activité physique adaptée à chacun qui est bonne pour la santé, l'aïkido traditionnel par exemple où le pratiquant doit être conscient de ses limites à tous les niveaux et en toutes circonstances, pour mieux les respecter. L'essence même de la pratique d'un art martial qui n'est pas sportif.

La pratique d'un sport c'est dépasser ses limites, c'est être agressif pour gagner.

Combien de fois avons-nous entendu des sportifs dire en s'excusant : « je n'ai pas gagné car je n'étais pas assez agressif… ».

La base du sport être le meilleur, le plus fort, le plus le plus le plus… Combattre son adversaire pour gagner, autrement dit le monde de la dualité, le plus bas niveau dans la philosophie orientale.

Philosophie orientale »

Rappelons que l'idéogramme d'aïkido contient le terme "aï" qui veut dire "harmonie", "non-opposition ". Evidemment beaucoup de pratiquants d'aïkido ont traduit ce terme par "amour", c'est dire leur ignorance puisque le fondateur lui-même avait expliqué que le "aï" de aïkido était un homophone du verbe aimer mais qu'il n'avait pas ce sens.

Le Larousse nous dit du terme homophone : "se dit d'homonymes ayant la même prononciation (par exemple, la séquence phonique [so] correspond à quatre homophones : sot, saut, sceau, seau)".

Mais quel pratiquant d'aïkido, à part les pratiquants d'aïkido traditionnel, se soucie des écrits du fondateur d'aïkido ? Certainement pas les sportifs de l'aïkido.

Nous développons l'aïkido hors de tout fonctionnement sportif.

Ce petit rappel était nécessaire pour comprendre notre fonctionnement, qui est à l'opposé de celui du sport.

Nous avons sans arrêt des demandes de la part de cadres des fédérations sportives qui voudraient bien rejoindre EPA-ISTA, à condition d'avoir le même poste qu'ils occupent au sein de leur fédération sportive.

Nous avons beau leur expliquer que ce genre de poste n'existe pas dans l'aïkido traditionnel, et qu'il n'existera jamais, ils ne comprennent pas.

La base du fonctionnement d'un dojo traditionnel est : « un Maître un dojo ». Vous êtes l'élève d'un Maître, vous suivez ce maître de toutes vos forces et vous n'allez jamais travailler avec un autre maître.

C'est pourquoi chaque maître s'occupe uniquement de ses élèves et en aucun cas de ceux des autres professeurs.

Sous peine de se voir définitivement exclu d'EPA-ISTA, ce qu'en japonais on appelle "Monzen Baraï", pour leur fonctionnement opposé (et en l'occurence sportif) à celui de l'aïkido traditionnel.

Il n'y a donc pas de stage "interclubs", de stage "de ligue" ou autres fonctionnements fédéraux sportifs. Les auteurs de ces aberrations sont immédiatement exclus de l'EPA.

Un professeur a un Maître et c'est avec lui et lui seul qu'il travaille, en étroite collaboration.

Relation maître / élève »

C'est pourquoi pour pouvoir rejoindre l'EPA, il faut choisir un professeur de l'EPA comme maître. Et c'est avec lui que vous apprendrez l'aïkido traditionnel.